49-3 : Quand néolibéralisme et autoritarisme font tristement bon ménage à Bandol comme à Paris

Utiliser le 49.3 quand le gouvernement dispose d’une majorité de plus de 300 députés est une grande première dans la Vè République. Ça laisse rêveur sur la volonté de dialogue, sur la confiance en interne et la capacité de persuasion de cette majorité Présidentielle.

Le faire un samedi à 18h, ce qui laisse 24h à l’opposition pour déposer une motion de censure est un procédé détestable. Des millions de gens sont concernés par cette réforme des retraites. Vouloir la passer en 3 semaines est insensé.

Avant, le gouvernement utilisait le 49-3 quand il n’avait pas de majorité, quand des frondeurs ruaient dans les brancards. Dans le cas présent, il utilise le 49-3 avec une majorité écrasante pour empêcher l’opposition de faire son travail… 

L’argument selon lequel il y avait trop d’amendements est irrecevable. Combien d’amendements sont acceptables 2, 200, 2000 ? Pourquoi presser le pas à tout prix ?  Il n’y a pas péril en la demeure à prendre le temps et en considération, par exemple, une étude d’impact qui à ce jour n’est pas présentée et est incomplète.  

Si à l’Assemblée nationale les représentants du peuple ne peuvent pas avoir un débat de fond, projet de société contre, projet de société. Où ce débat pourrait-t-il avoir lieu ?

Les Républicains sont contre, les Gauches sont contre, le Conseil d’État y voit des risques juridiques, même le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux a estimé que les partenaires sociaux avaient besoin de plus de temps pour négocier.

La députée de LaREM qui figure sur la liste du maire sur le départ a inoculé cette façon de faire autoritaire au maire sur le départ. C’est à tout le moins regrettable. N’est-ce pas lui qui acceptait un débat avec d’autres candidats à la condition expresse que les Bandolais ne puissent pas y assister ?

Ça laisse rêveur sur la volonté de dialogue, sur la confiance en interne et la capacité de persuasion de cette équipe sur le départ. 

À Paris comme à Bandol, le temps est venu de reprendre notre destin en main, pour que les décisions qui concernent l’avenir de Bandol soient prises à Bandol, par les Bandolaises et les Bandolais. N’en déplaise aux Députés de LaREM, n’en déplaise aux hauts fonctionnaires chargés de faire appliquer les ordres venus de Paris ou de Toulon.

À Bandol, nous nous passerons des professionnels de la politique pour redonner au bon sens la place qu’il n’aurait jamais dû perdre.

LaREM nous le prouve chaque jour un peu plus » L’enfer est vide, tous les démons sont ici « , William Shakespeare.

Pierre Lerat